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Vibe coding : que vérifier avant la mise en production

L'IA écrit du code qui marche, pas forcément du code qui protège. Ce qu'on trouve en auditant une app née en vibe coding, les neuf vérifications avant la mise en production, et cinq tests qu'un dirigeant peut faire sans être développeur.

Couverture titrée Vibe coding : que vérifier avant la production, sur fond sable avec un disque orange.
Sommaire

Votre outil fait avec Claude ou Lovable marche. Votre équipe s'en sert, vos clients y sont, peut-être leurs documents. La question n'est plus « est-ce que ça marche ? » mais « qu'est-ce qui se passe le jour où ça ne marche pas ? ». Voici ce qu'on trouve vraiment quand on audite une application née en vibe coding, et la liste de ce qu'il faut vérifier avant de la confier à des utilisateurs.

Le vibe coding, c'est quoi et pourquoi ça pose question en production ?

Le vibe coding consiste à décrire à une IA ce que l'on veut, en langage courant, et à la laisser écrire le code sans le relire ligne à ligne. Le terme vient d'Andrej Karpathy, en février 2025 ; le dictionnaire Collins en a fait son mot de l'année 2025. Pour un prototype, c'est la méthode la plus rapide qui existe. Pour une application qui stocke des données réelles, c'est là que les ennuis commencent : personne n'a relu ce qui protège.

Ce n'est pas un procès de l'IA. Les mêmes trous existaient dans le code écrit à la main par des débutants. La différence, c'est le volume : en quelques soirées, on produit une application entière, et donc autant de surface à protéger.

Quels sont les vrais risques d'une app codée avec l'IA ?

Deux données publiques donnent l'ordre de grandeur.

45 %

des tâches de code confiées à des IA ont produit une faille de sécurité connue (classée dans le Top 10 de l'OWASP)

Veracode, GenAI Code Security Report, juillet 2025

Veracode a fait écrire du code à plus de 100 modèles d'IA sur 80 tâches types. Les modèles ont choisi l'option non sécurisée dans près d'un cas sur deux, et les modèles les plus récents ne font pas mieux que les anciens sur ce point. Le rapport complet est en ligne. C'est un banc d'essai, pas une mesure sur des applications réelles, mais la tendance est nette : l'IA écrit du code qui marche, pas forcément du code qui protège.

170 applications

sur 1 645 vitrines créées avec Lovable laissaient lire ou modifier leurs données par n'importe qui

Analyse publiée en 2025, référencée CVE-2025-48757

En 2025, un chercheur a parcouru les applications mises en avant par Lovable. Environ une sur dix exposait sa base de données (e-mails, adresses, parfois des clés d'accès) faute de règles d'accès correctes. La faille porte un numéro officiel, CVE-2025-48757. Lovable conteste la qualification : selon l'éditeur, protéger les données reste la responsabilité de chaque créateur d'application. C'est exactement le point. L'outil génère, vous restez responsable.

Ce qu'on trouve en auditant une app née en vibe coding

Un cas récent, anonymisé. Un dirigeant de PME a construit lui-même, avec l'IA, le logiciel de gestion de son activité pour remplacer un logiciel du marché qu'il payait chaque année. L'outil est complet : fiches clients, documents générés, suivi pour une certification. Son équipe s'en sert. Il nous a demandé de le rendre fiable. Voici ce que la première heure de lecture du code a montré.

01

Des sauvegardes complètes de la base dans le code

Pour se rassurer, l'IA avait exporté la base de données dans des fichiers, rangés dans le dépôt de code. Toutes les données clients, y compris des numéros de sécurité sociale, se trouvaient donc là où le code circule : sur GitHub, chez chaque personne qui y avait accès.

02

Un seul ordinateur pouvait se connecter au serveur

L'accès au serveur reposait sur une clé stockée sur l'ordinateur portable du dirigeant, et nulle part ailleurs. Perte, vol ou panne de cet ordinateur : plus personne ne pouvait intervenir sur l'application.

03

Un ancien prestataire avait toujours les clés

Une personne qui avait aidé au début gardait un accès à l'hébergement et au dépôt de code. Rien de malveillant, simplement personne n'avait pensé à le retirer.

04

Un site vitrine pas à jour, sur le même hébergement

Le site public de l'entreprise tournait sur un WordPress qui attendait une mise à jour de sécurité, publiée la veille. Un site vitrine compromis sur le même hébergement, c'est une porte d'entrée vers le reste.

“La sécurité passe avant l'ergonomie : on commence par fermer les portes, ensuite on améliore les écrans.”

La décision prise avec le dirigeant, dès le premier call

Aucun de ces points n'était visible à l'écran. L'application marchait parfaitement. C'est ce qui rend le sujet piégeux : tout va bien jusqu'au jour où ça ne va plus du tout. Les données étant sensibles, un accord de traitement des données (RGPD) a été signé avant que quiconque y touche, puis un environnement de test a été monté pour ne plus jamais essayer une modification sur les vraies données.

Que vérifier avant la mise en production ?

Neuf points, du plus grave au moins urgent. Ils valent pour un SaaS vendu à des clients comme pour un outil interne qui porte votre activité.

Si vous comptez aussi vendre l'outil à d'autres entreprises, ajoutez le paiement, les comptes par organisation et le cadre légal : on décrit les sept briques dans transformer son projet Claude en vrai SaaS.

Comment tester soi-même, sans être développeur ?

Vous ne pourrez pas tout vérifier seul, mais cinq tests simples révèlent les problèmes les plus fréquents.

01

Le test des deux comptes

Créez deux comptes de deux clients différents. Avec le premier, ouvrez une fiche et copiez l'adresse de la page. Collez-la dans le navigateur du second compte. Si la fiche s'affiche, vos clients peuvent voir les données les uns des autres.

02

Le test de la fenêtre privée

Déconnectez-vous, ouvrez une fenêtre de navigation privée et collez l'adresse d'une page interne. Elle doit vous renvoyer vers la connexion, pas afficher son contenu.

03

Le test de la recherche dans le code

Dans votre dépôt GitHub, cherchez les mots « password », « secret », « key » et « .sql ». Chaque résultat qui contient une vraie valeur est une fuite à corriger, et la clé concernée doit être changée, pas seulement effacée.

04

Le test de la restauration

Demandez à récupérer la base telle qu'elle était hier, sur un environnement de test. Si personne ne sait le faire en moins d'une heure, vous n'avez pas de sauvegarde, vous avez un espoir.

05

Le test de l'ordinateur perdu

Imaginez que votre ordinateur disparaît ce soir. Listez ce que vous ne pourriez plus faire : publier une correction, accéder au serveur, renouveler le domaine. Chaque ligne de cette liste est un accès à partager.

Quand faut-il faire relire par un développeur ?

Dès que l'une de ces conditions est remplie : l'outil stocke des données personnelles ou sensibles, des personnes extérieures à l'entreprise s'y connectent, de l'argent y transite, ou votre activité s'arrête s'il s'arrête. À ce stade, quelques heures de relecture coûtent beaucoup moins qu'une fuite à déclarer à la CNIL.

Une bonne relecture ne commence pas par tout réécrire. Elle commence par fermer les portes (secrets, accès, sauvegardes), monte un environnement de test, puis reprend l'outil là où il en est. Le travail que vous avez fait avec l'IA a de la valeur : il contient vos règles métier, testées par votre équipe.

On explique comment on combine IA et relecture humaine dans des développeurs, de l'IA, vérifié par un humain. Si votre outil doit remplacer un logiciel du marché, lisez aussi remplacer son logiciel métier par un outil fait avec l'IA. Et pour comparer honnêtement avec le fait de continuer seul : Figue ou le faire soi-même avec l'IA.

FAQ

Questions fréquentes

Ce que les dirigeants nous demandent avant de mettre en production un outil fait avec l'IA.

Une application faite avec Lovable ou Claude est-elle sécurisée ?

Pas par défaut. Le code généré fonctionne, mais l'IA oublie souvent ce qu'on ne lui demande pas : vérifier les droits côté serveur, sortir les mots de passe du code, sauvegarder la base hors du serveur. En 2025, environ une application sur dix parmi les vitrines Lovable analysées laissait ses données accessibles à n'importe qui.

Qu'est-ce que le vibe coding ?

Le vibe coding consiste à décrire en langage courant ce qu'on veut à une IA et à la laisser écrire le code sans le relire ligne à ligne. Le terme a été popularisé par Andrej Karpathy en février 2025 et désigné mot de l'année 2025 par le dictionnaire Collins.

Que vérifier en priorité avant de mettre en ligne une app codée avec l'IA ?

Trois points d'abord : aucun secret ni export de base dans le code, des droits vérifiés côté serveur pour chaque requête, des sauvegardes automatiques hors du serveur dont la restauration a été testée. Viennent ensuite les accès partagés, l'environnement de test, le suivi des erreurs et le RGPD.

Faut-il tout réécrire pour sécuriser une app faite en vibe coding ?

Non, dans la grande majorité des cas. On ferme d'abord les failles (secrets, droits, accès, sauvegardes), on monte un environnement de test, puis on fait évoluer l'existant. Réécrire fait perdre les règles métier que vous avez affinées en testant.

Combien coûte un audit de sécurité d'une application codée avec l'IA ?

Une première relecture des points critiques prend quelques heures à un développeur expérimenté ; corriger ce qu'elle trouve prend de quelques jours à quelques semaines selon l'état du code. Chez Figue, c'est en général la première demande d'un abonnement mensuel, sans devis séparé.