Cahier des charges d'une application : ce qu'il doit contenir, et quand il ne sert à rien
Faut-il un cahier des charges pour faire développer une application ? Oui si le périmètre est fermé, non si le produit évolue chaque semaine. Les huit blocs à écrire, un modèle d'une page à copier, les erreurs fréquentes, et quand une file de demandes le remplace.

Sommaire
Oui, si votre périmètre est fermé et votre date fixe. Une page suffit. Non, si votre produit évolue chaque semaine : une file de demandes priorisées fait mieux le travail.
Un cahier des charges d'application est le document qui dit à un prestataire quel problème résoudre, pour qui, avec quelles contraintes, et comment savoir que c'est fini. Il ne dit pas comment coder. Bien fait, il tient sur une page et sert à fixer un périmètre et un prix.
Voici les huit blocs à écrire, un modèle d'une page à copier, ce qu'il faut ajouter pour une application mobile, un logiciel métier ou un SaaS, les erreurs qui font déraper un projet, et comment choisir entre cahier des charges et file de demandes.
Ce qu'un cahier des charges d'application doit contenir
Huit blocs, pas plus. Chacun répond à une question que le prestataire vous posera de toute façon. Les exemples suivent un même cas : un espace client pour une PME qui envoie encore ses factures à la main.
Le problème et l'objectif
Commencez par ce qui ne va pas aujourd'hui, avec vos mots. Puis dites ce qui doit changer, avec un chiffre. Sans objectif mesurable, personne ne sait si le projet a réussi.
Exemple : Nos clients nous appellent pour récupérer leurs factures. Objectif : deux fois moins d'appels en trois mois.
Les utilisateurs
Qui va se servir de l'application, combien ils sont, sur quel appareil. Un outil pour 15 personnes au bureau ne se construit pas comme une app pour 5 000 clients sur téléphone.
Exemple : 300 clients professionnels, surtout sur ordinateur. Quatre personnes au service comptable.
Les parcours principaux
Trois à cinq parcours. Chacun décrit comme une action : qui fait quoi, pour obtenir quoi. C'est le cœur du document. Ce qui n'entre dans aucun parcours n'a souvent pas besoin d'exister.
Exemple : Le client télécharge ses factures du mois. Le comptable relance un impayé en un clic.
Les fonctionnalités, triées
Deux colonnes : indispensable au lancement, et plus tard. Si tout est indispensable, rien ne l'est.
Pour faire le tri, séparez le MVP de la V1 : ce qui vous apprend quelque chose, et ce qui ajoute du confort.
Exemple : Au lancement : connexion, liste des factures, téléchargement. Plus tard : paiement en ligne, application mobile.
L'existant
Les outils, les données, les fichiers Excel, le CRM ou l'ERP à connecter. C'est souvent là que se cache le vrai travail. Un import oublié ici revient plus tard en avenant.
Exemple : Factures dans le logiciel de comptabilité, clients dans un fichier Excel, contacts dans le CRM.
Les contraintes
Budget, date, hébergement, RGPD, accessibilité. Écrivez-les même si elles vous semblent évidentes. Une date ferme ou des données sensibles changent la façon de construire.
Exemple : Budget de 15 000 € HT au plus. En ligne avant le 1er mars. Données hébergées en Europe.
Le hors périmètre
Ce que l'application ne fera pas, écrit noir sur blanc. C'est la ligne qui évite le plus de malentendus. Ce qui n'est écrit nulle part finit toujours par être supposé.
Exemple : Pas de paiement en ligne. Pas d'application mobile. Pas de version anglaise.
Les critères de recette
Pour chaque parcours, une phrase qui dit quand c'est terminé. Vérifiable par vous, sans lire le code. Sans elle, « fini » veut dire une chose pour vous et une autre pour le prestataire.
Exemple : Un client connecté retrouve toutes ses factures depuis janvier et les télécharge en PDF.
Un modèle de cahier des charges en une page
Le voici. Copiez le tableau dans un document, remplacez les exemples par votre cas, une à trois lignes par bloc. Si tout tient sur une page, vous avez fini.
| Bloc | La question à trancher | Une ligne d'exemple |
|---|---|---|
| 1. Le problème et l'objectif | Qu'est-ce qui ne va pas, et quel chiffre doit bouger ? | Nos clients nous appellent pour récupérer leurs factures. Objectif : deux fois moins d'appels en trois mois. |
| 2. Les utilisateurs | Qui s'en sert, combien sont-ils, sur quel appareil ? | 300 clients professionnels, surtout sur ordinateur. Quatre personnes au service comptable. |
| 3. Les parcours principaux | Quelles sont les trois à cinq actions qui comptent ? | Le client télécharge ses factures du mois. Le comptable relance un impayé en un clic. |
| 4. Les fonctionnalités, triées | Qu'est-ce qui doit être là au lancement, et qu'est-ce qui attend ? | Au lancement : connexion, liste des factures, téléchargement. Plus tard : paiement en ligne, application mobile. |
| 5. L'existant | Quels outils, données et fichiers faut-il reprendre ou connecter ? | Factures dans le logiciel de comptabilité, clients dans un fichier Excel, contacts dans le CRM. |
| 6. Les contraintes | Quel budget, quelle date, quelles règles à respecter ? | Budget de 15 000 € HT au plus. En ligne avant le 1er mars. Données hébergées en Europe. |
| 7. Le hors périmètre | Qu'est-ce que l'application ne fera pas ? | Pas de paiement en ligne. Pas d'application mobile. Pas de version anglaise. |
| 8. Les critères de recette | Comment saurez-vous qu'une fonction est terminée ? | Un client connecté retrouve toutes ses factures depuis janvier et les télécharge en PDF. |
Pas de fichier à télécharger contre votre e-mail. Une page, c'est tout l'argument : un document court se relit, se discute et se valide. Un document long se range dans un tiroir.
Pour une application web, ce modèle suffit tel quel. Pour une application mobile, un logiciel métier ou un SaaS, ajoutez les lignes qui suivent.
Pour une application mobile
Ajoutez quatre lignes. iOS, Android ou les deux. Ce qui doit marcher hors ligne, sans réseau. Les notifications : lesquelles, à quel moment. La publication sur les stores : qui ouvre les comptes Apple et Google, et à quel nom.
Les frais des stores restent à votre charge : voici combien coûte la publication sur l'App Store.
Pour un logiciel métier
Ajoutez trois lignes. Le processus actuel, étape par étape, tel qu'il se fait aujourd'hui, même sur papier ou dans Excel. Les droits par rôle : qui voit quoi, qui valide quoi. Les outils à remplacer, et ceux à connecter.
Un outil à créer de zéro ? Voyez comment se passe la création d'un logiciel métier sur mesure.
Pour un SaaS
Ajoutez trois lignes. Les offres et le paiement par abonnement : combien de formules, à quel prix, avec ou sans essai. Les comptes multi-utilisateurs : une entreprise, plusieurs membres, des rôles. L'espace d'administration : ce que vous devez voir et faire sans développeur.
Ces trois lignes pèsent lourd dans le devis : voici combien coûte la création d'un SaaS.
Les erreurs qui font déraper un projet
Un cahier des charges rate rarement par manque de détails. Il rate par excès, ou par oubli. Cinq erreurs reviennent.
Trop long
Quarante pages que personne ne relit. Le prestataire chiffre ce qu'il a compris, vous validez ce que vous pensez avoir écrit. L'écart se découvre à la livraison.
Tout en priorité 1
Si chaque fonction est indispensable, le prestataire choisit l'ordre à votre place. Ou il chiffre tout, et le budget part avant le lancement.
Des solutions imposées au lieu de problèmes décrits
« Un bouton rouge en haut à droite », « une base MongoDB ». Imposer la solution, c'est priver le prestataire d'en proposer une plus simple. Et lui retirer la responsabilité du résultat.
L'existant oublié
Le fichier Excel à importer, le CRM à synchroniser, l'ancien outil qui doit rester ouvert six mois. Découverts en cours de route, ils décalent tout.
Aucun critère de « terminé »
Sans une phrase qui dit quand une fonction est finie, la recette devient une négociation. Chacun a ses raisons, et le projet attend.
Dernier point, souvent oublié : le cahier des charges ne règle pas la propriété du code. Elle s'écrit dans le contrat, et se vérifie avant de signer.
Cahier des charges ou file de demandes : que choisir
Un cahier des charges sert à figer un périmètre. C'est utile quand le périmètre peut être figé. Sinon, il faut un autre outil. Chez Figue, les deux existent, prix affichés.
| Critère | Projet au forfait | Figue Unlimited |
|---|---|---|
| Prix | Dès 9 990 € HT | 1 990 € HT / mois par slot, sans engagement |
| Ce qu'il faut écrire avant | Un périmètre, fixé avec le prix avant démarrage | Une première demande. Les suivantes s'ajoutent quand vous voulez |
| Inclus | 20 écrans sur mesure, maquettes illimitées, landing page offerte | Développement, UI/UX, IA et automatisation, APIs et intégrations, review, ajustements, livraison |
| Délai | En ligne en 1 à 3 mois | Pas de délai garanti : il dépend de la complexité de chaque demande |
| Changer d'avis | On recadre le périmètre | Vous réordonnez votre file, sans renégocier le contrat |
| Pour qui | Un produit à lancer, une refonte cadrée, une date fixe | Un produit en production qui évolue en continu |
Périmètre fermé ou date fixe : c'est le forfait, et le cahier des charges sert. Produit vivant : c'est l'abonnement, et le cahier des charges devient une file de demandes courtes.
« Illimité » a un sens précis : la file de demandes est illimitée, vous en ajoutez autant que vous voulez. Le volume livré dépend de la complexité des demandes et du nombre de slots, pas d'un quota.
Un périmètre fermé ? Voyez le forfait projet, dès 9 990 € HT. Un produit qui bouge ? Figue Unlimited, 1 990 € HT/mois, sans engagement.
D'une phrase à une demande
Dans l'abonnement, le cahier des charges ne disparaît pas. Il se découpe. Sur notre page d'accueil, un client écrit : « Je perds trop de temps à envoyer mes factures. » Cette phrase devient la demande « Export des factures » :
- un PDF avec votre logo ;
- le téléchargement groupé ;
- un filtre par période.
Trois lignes, pas quarante pages. Les ingénieurs cadrent avec vous ce qui manque, puis livrent. La demande suivante attend dans la file, dans l'ordre que vous choisissez.
Pour aller plus loin : pourquoi le devis au projet ne tient plus face à un produit vivant, et abonnement ou forfait projet pour un SaaS.
FAQ
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande avant d'écrire, ou de ne pas écrire, un cahier des charges.
Un cahier des charges est-il obligatoire pour développer une application ?
Non. C'est un outil, pas une formalité. Il sert quand le périmètre est fermé et la date fixe : il fixe ce qui sera livré, et pour quel prix. Si votre produit évolue chaque semaine, une file de demandes courtes et priorisées fait mieux le travail.
Combien de pages doit faire un cahier des charges ?
Une page suffit dans la plupart des cas : huit blocs, une à trois lignes chacun. Si vous devez détailler, détaillez les parcours et les critères de recette, pas la technique. Une page que tout le monde a lue protège mieux que quarante pages que personne ne relit.
Faut-il un cahier des charges pour un abonnement de développement ?
Non. Une première demande suffit, écrite avec vos mots. Les suivantes s'ajoutent quand vous voulez. S'il s'agit d'un produit existant, le dépôt et les accès sont regardés dès le premier échange.


