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Recruter un développeur ou passer par un prestataire : ce que chaque option achète vraiment

Un salaire brut d'un côté, une facture mensuelle de l'autre. Les deux nombres se ressemblent, alors on conclut, et on conclut mal. Les neuf lignes du coût complet d'un recrutement, ce que chaque option achète vraiment, et la variable que personne ne met dans le tableau.

Une trajectoire de recrutement d'un côté, une équipe de compétences de l'autre.
Sommaire

On compare un salaire à une facture, et c'est l'erreur

La comparaison se fait presque toujours mal, et toujours dans le même sens : d'un côté un salaire brut, de l'autre une facture mensuelle. Les deux nombres se ressemblent, donc on conclut. Sauf qu'ils ne mesurent pas la même chose.

Une facture de prestataire contient tout : le temps de travail, l'outillage, la gestion, les congés de celui qui produit, le remplacement quand il est malade. Un salaire brut ne contient qu'une partie du coût d'un salarié, et la partie qui manque est rarement petite.

Nous ne vous donnerons pas de chiffre moyen ici, parce qu'un chiffre moyen ne vous concerne pas. Les charges, le niveau, la région, la taille de l'entreprise et les avantages changent tellement le résultat qu'une moyenne nationale ne décrit personne. Ce que nous donnons plus bas, c'est la liste des lignes à additionner, pour que vous calculiez la vôtre.

Ce qu'un recrutement apporte et qu'un prestataire n'apportera jamais

Commençons par ce qui plaide contre nous, parce que c'est réel et qu'aucune agence ne vous le dira.

Un salarié accumule de la connaissance métier qui ne se facture nulle part. Au bout d'un an, il sait pourquoi telle règle bizarre existe, quel client a demandé quoi, et ce qui s'est mal passé la dernière fois. Cette mémoire est un actif, et elle appartient à l'entreprise tant que la personne reste.

Un salarié est aussi disponible en continu et arbitrable en temps réel. Vous pouvez l'interrompre, changer sa journée, lui demander un avis en passant. Aucun modèle contractuel externe ne reproduit ça correctement, et prétendre le contraire serait vous mentir.

Ce qu'un prestataire apporte et qu'un recrutement n'apportera pas

Le premier point est le plus concret, et c'est celui qu'on sous-estime le plus : la pluridisciplinarité.

Un produit a besoin de front, de back, d'infrastructure, de design et parfois d'un peu de données. Une personne couvre rarement tout cela au même niveau, et vous vous retrouvez à compléter par des indépendants, donc à coordonner. Un prestataire apporte ces compétences comme un ensemble, et bascule de l'une à l'autre selon la demande du moment.

Le second point est la symétrie du démarrage et de l'arrêt. Vous commencez quand vous voulez, vous arrêtez quand vous voulez. Un recrutement n'a pas cette propriété : l'entrée prend des mois et la sortie coûte cher, en argent et en énergie.

“Un recrutement est un pari sur deux ans. Un abonnement est une décision reprise chaque mois. Les deux se défendent, ils n'engagent simplement pas la même chose.”

Règle de l'engagement

Le vrai facteur de décision : le délai avant la première ligne de code

Si vous ne deviez regarder qu'une variable, ce serait celle-là. Elle est décisive et presque jamais mise dans le tableau comparatif.

01

Le délai de recrutement

Rédiger l'offre, trier, faire passer les entretiens, obtenir un accord, attendre le préavis. Ce sont des mois, pas des semaines, et vous ne les passez pas à construire votre produit. Vous les passez à recruter, ce qui est un autre métier.

02

Le délai d'intégration

Même excellente, une personne qui arrive doit comprendre votre code, vos outils, votre métier. Les premières semaines produisent peu, c'est normal, et c'est une charge pour ceux qui l'accompagnent.

03

Le risque que ça ne marche pas

Une période d'essai qui s'arrête, c'est le compteur remis à zéro. Ce risque est réel et il se chiffre : additionnez le temps déjà investi et celui qu'il faudra réinvestir.

Face à ça, un prestataire commence dans la semaine. Ce n'est pas un argument de vente, c'est une différence de nature entre acheter une capacité et embaucher une personne.

C'est exactement la logique d'un renfort technique senior : on comble un manque maintenant, sans préjuger de ce qu'on construira en interne plus tard.

La grille à remplir, avec vos chiffres

Voici les lignes à additionner de chaque côté. Faites-le avec vos montants réels plutôt qu'avec une moyenne trouvée en ligne, le résultat sera très différent du vôtre.

Côté prestataire, la liste tient en deux lignes : la facture mensuelle, et les frais tiers qui restent à votre charge, hébergement et licences. S'il y a une troisième ligne, demandez laquelle avant de signer.

Ce que chaque option achète réellement
SurRecrutementPrestataire en abonnement
DémarragePlusieurs moisQuelques jours
Compétences couvertesCelles d'une personneCelles d'une équipe
Connaissance métierS'accumule et vous resteSe documente, mais reste partagée
ArrêterLong et coûteuxImmédiat
Charge de managementÀ votre chargePortée par le prestataire
Coût prévisibleVariable, plusieurs lignesUn montant mensuel connu

Le cas hybride, qui est le plus fréquent

La question est presque toujours posée comme un choix définitif. Dans les faits, la plupart des entreprises font les deux, dans un certain ordre.

Elles produisent d'abord avec un prestataire, parce qu'il faut avancer maintenant et que le produit n'est pas encore stabilisé. Puis, quand la charge devient continue et prévisible, elles recrutent, souvent en commençant par un profil qui reprend ce qui a été construit. Le prestataire passe alors en appui, ou s'arrête.

L'inverse existe aussi et se passe mal : recruter d'abord une personne seule sur un produit trop large, puis compléter dans l'urgence par des indépendants mal coordonnés. Le coût n'apparaît pas sur une ligne budgétaire, il apparaît dans le retard.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus souvent

Trois questions qui reviennent quand la décision se joue.

Un développeur salarié coûte-t-il moins cher qu'un prestataire ?

Parfois, et seulement si vous avez de quoi l'occuper à plein temps toute l'année. Le calcul change dès que la charge est irrégulière : un salarié se paie douze mois sur douze, y compris les mois où le produit n'a pas besoin de bouger. Faites le calcul avec les neuf lignes ci-dessus et vos montants réels, la réponse dépend entièrement de votre situation.

Peut-on commencer avec un prestataire puis internaliser ?

Oui, et c'est la trajectoire la plus courante. La seule condition est contractuelle : le code, les maquettes, la documentation et les accès doivent vous appartenir dès les premières livraisons, pas au moment où vous annoncez votre départ. Demandez-le avant de signer, la réponse vous dira aussi beaucoup sur le prestataire.

Comment savoir si mon besoin justifie un poste à plein temps ?

Regardez les six derniers mois plutôt que les six prochains. Si vous aviez eu quelqu'un à plein temps, qu'aurait-il fait chaque semaine ? Si vous peinez à remplir les semaines, votre besoin est réel mais irrégulier, et un poste fixe le rendra plus cher, pas moins.

Poser la question dans le bon ordre

Recruter ou externaliser n'est pas une question de prix, c'est une question de moment. Un prestataire vous donne de la capacité maintenant et la liberté d'arrêter. Un recrutement vous donne de la mémoire et de la disponibilité, contre un délai et un engagement.

Si vous hésitez, commencez par celui qui se défait facilement. Vous pourrez toujours recruter dans six mois avec un produit qui aura avancé, et une idée bien plus nette du profil dont vous avez réellement besoin.

“Choisissez d'abord l'option réversible. Elle vous laisse le droit de vous tromper, ce que l'autre ne fait pas.”

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