Due diligence technique : ce qu'on va vérifier dans votre produit, et comment s'y préparer.
Avant de signer, l'investisseur ou le repreneur vérifie à qui appartient le code, s'il tient, et s'il dépend d'une seule personne. Les questions qu'on vous posera, la data room à réunir, et comment corriger avant, sans tout réécrire.

Sommaire
- Ce que l'investisseur ou le repreneur vérifie
- Préparer une due diligence technique, étape par étape
- Levée de fonds ou revente : ce qui change
- La data room technique : les pièces à réunir
- Les points propres à un SaaS
- Faire son propre audit avant celui de l'investisseur
- Remettre son produit en ordre sans tout réécrire, avec Figue Unlimited
La due diligence technique, c'est l'examen de votre produit par l'investisseur ou le repreneur, avant de signer. Il vérifie à qui appartient le code, s'il tient, et s'il dépend d'une seule personne. Elle se prépare avant la lettre d'intention, pas après.
Ce guide s'adresse au fondateur, souvent non technique, qui va lever des fonds ou revendre sa société. L'investisseur ouvre votre dépôt. Il cherche des réponses précises. Voici les questions qu'on vous posera, les pièces à réunir, et comment corriger avant, sans tout réécrire.
Ce que l'investisseur ou le repreneur vérifie
Les questions changent d'un fonds à l'autre, d'un repreneur à l'autre. Le fond, lui, bouge peu. Voici celles qu'on vous posera. Et pour chacune, ce qu'il faut pouvoir montrer.
À qui appartient le code ?
Chaque ligne a été écrite par quelqu'un : un salarié, un freelance, une agence. Pour un salarié, dans ses fonctions, la loi donne les droits à l'employeur. Pour un freelance ou une agence, il faut une cession écrite. Un associé ou un stagiaire n'est pas un salarié : il lui en faut une aussi.
À montrer : la cession de droits écrite de chaque freelance, de chaque agence et de chaque personne qui a codé sans être salariée, et les contrats de travail des développeurs salariés.
Les comptes sont-ils au nom de la société ?
Un dépôt de code ouvert par un ancien développeur. Un domaine payé avec une carte personnelle. Ces comptes font tourner le produit, mais ils ne sont pas à la société.
À montrer : la liste des comptes (dépôt de code, hébergement, domaines, stores, comptes d'API), avec pour chacun son titulaire, qui le paie et qui l'administre.
Les briques open source et les logiciels tiers sont-ils utilisés selon leur licence ?
Votre produit s'appuie sur des bibliothèques publiques et des logiciels achetés. On les utilise sous licence. On ne les possède pas. Certaines licences posent des conditions quand le logiciel est distribué.
À montrer : l'inventaire des dépendances avec la licence de chacune, et les contrats des logiciels tiers.
Les données personnelles sont-elles protégées ?
Le RGPD s'applique dès que votre produit traite des données de personnes. L'acheteur veut savoir lesquelles, où elles sont stockées, et qui y accède.
À montrer : la liste des données traitées, la liste des sous-traitants (hébergeur, envoi d'emails, paiement) avec leurs contrats, et la façon dont les accès sont donnés puis retirés.
Quelle dette technique, et quel plan pour la traiter ?
Tout produit a de la dette technique. L'acheteur le sait. Ce qui l'inquiète, c'est la dette que personne n'a listée.
À montrer : la liste de la dette connue, classée par gravité, avec ce que vous comptez faire de chaque point.
Le produit est-il documenté ?
Sans documentation, la connaissance est dans des têtes. Et une tête peut partir.
À montrer : un schéma d'architecture, la procédure de mise en production, et les procédures courantes : restaurer une sauvegarde, donner un accès, le retirer.
Le produit dépend-il d'une seule personne ?
C'est souvent la question qui inquiète le plus. Si une seule personne sait déployer, le produit s'arrête quand elle s'absente.
À montrer : qui sait déployer, qui détient les mots de passe, et la preuve qu'au moins deux personnes savent le faire, avec un coffre de mots de passe au nom de la société.
Combien coûte le produit à faire tourner ?
Hébergement, licences, API : ces coûts reviennent chaque mois. Ils comptent dans l'idée que l'acheteur se fait du produit.
À montrer : les coûts récurrents, ligne par ligne, avec les factures.
Une seule personne détient tout, et elle pourrait partir ? Le plan pour récupérer les accès et la connaissance : que faire au départ d'un CTO ou d'un développeur.
Préparer une due diligence technique, étape par étape
L'ordre compte. Chaque étape nourrit la suivante. Et la dernière, la data room, ne fait que ranger ce que les autres ont produit.
Récupérer les accès
Listez chaque compte : dépôt de code, hébergement, base de données, domaines, stores, paiement, API. Passez chacun au nom de la société, avec un administrateur de votre côté. Rangez les mots de passe dans un coffre partagé.
Rassembler les cessions de droits
Retrouvez le contrat de chaque freelance et de chaque agence passés sur le produit. Vérifiez qu'il cède bien les droits. S'il manque une cession, demandez-la maintenant, tant que la relation est simple.
Ce qu'une clause de cession doit dire, et ce qu'il faut récupérer : à qui appartient le code de votre application.
Faire l'inventaire des dépendances
Listez les bibliothèques open source, les logiciels tiers et les services appelés par le code. Notez la licence de chacun, et ce qu'il coûte chaque mois. Signalez ce qui n'est plus maintenu.
Écrire la documentation qui manque
Un schéma d'architecture, sur une page. La procédure de mise en production, pas à pas. Les procédures courantes. Le test : quelqu'un qui n'a jamais vu le produit doit pouvoir déployer en les suivant.
Corriger les points bloquants
Une faille de sécurité. Un compte qui n'est pas à vous. Une cession qui manque. Un déploiement que personne d'autre ne sait faire. Ce sont les points qu'un acheteur ne laisse pas passer. Le reste peut attendre, avec un plan écrit.
Constituer la data room
Rangez chaque pièce dans un espace partagé, par thème. Datez-la. Notez qui l'a fournie. La liste des pièces est plus bas.
Corriger ne veut pas dire refondre. Pour trancher entre réparer et reconstruire, lisez notre article dette technique : refondre ou faire évoluer.
Levée de fonds ou revente : ce qui change
Les questions de base sont les mêmes. Ce qui change, c'est ce que l'acheteur fera du produit ensuite.
| Levée de fonds | Revente |
|---|---|
| Un investisseur entre au capital. Vous gardez le produit et l'équipe. | Un repreneur rachète la société ou le produit. Son équipe prend la suite. |
| Il regarde surtout si le produit peut grandir : architecture, montée en charge, dette qui freinerait. | Il regarde la même chose. Et en plus, si sa propre équipe peut reprendre le code sans vous. |
| Il regarde si l'équipe tiendra : qui sait déployer, qui détient les accès, qui manquerait si elle partait. | Il regarde si les comptes et les contrats se transfèrent : hébergement, domaines, stores, API, licences, sous-traitants. |
| La documentation rassure. Elle montre que l'équipe peut grandir. | La documentation devient indispensable. C'est elle qui permet la reprise une fois que vous n'êtes plus là. |
Vous préparez la revente de votre SaaS ? Pensez à ce qui se transfère mal. Un compte développeur Apple ou Google ouvert au nom d'une personne, par exemple. Un abonnement souscrit avec la carte d'un associé.
Puis ajoutez à la data room tout ce qui permet à une autre équipe de reprendre sans vous appeler : la procédure de mise en production, la liste des comptes à transférer, les contrats de vos fournisseurs.
La data room technique : les pièces à réunir
La data room, c'est l'espace partagé où l'acheteur trouve les documents. Sa partie technique tient en une liste. Chaque pièce répond à une des questions plus haut.
| Pièce | À quoi elle sert | Qui la fournit |
|---|---|---|
| Schéma d'architecture | Comprendre comment le produit est construit, en une page. | Votre CTO ou votre prestataire |
| Inventaire des dépendances et des licences | Vérifier que chaque brique est utilisée selon sa licence. | Votre équipe technique |
| Cessions de droits | Prouver que le code appartient à la société. | Vous, à partir des contrats de chaque freelance et de chaque agence |
| Liste des comptes et des accès | Montrer que tout est au nom de la société, et qui administre quoi. | Vous, avec votre équipe technique |
| Liste des sous-traitants | Répondre aux questions sur le RGPD : qui traite quelles données. | Vous, à partir de vos contrats fournisseurs |
| Coûts d'infrastructure | Chiffrer ce que le produit coûte chaque mois. | Vous, à partir des factures |
| Documentation de mise en production | Prouver que livrer ne dépend pas d'une seule personne. | Votre équipe technique |
| Liste de la dette technique, avec son plan | Montrer que vous connaissez vos points faibles, et ce que vous en ferez. | Votre équipe technique |
| Incidents récents et leur correction | Montrer que les pannes sont suivies, comprises et corrigées. | Votre équipe technique |
Les points propres à un SaaS
Un SaaS sert plusieurs clients sur le même produit, et les facture chaque mois. L'acheteur ajoute donc cinq questions. Les voici, sans jargon.
- La séparation des données entre clients. Un client ne doit jamais voir les données d'un autre. L'acheteur demande comment c'est garanti, et si cela a été testé.
- La facturation et les abonnements. Qui paie quoi, à quel prix, depuis quand. Les chiffres du produit doivent correspondre à ceux de la comptabilité. Un abonnement facturé à la main, hors du produit, se remarque.
- Les sauvegardes et la restauration. Avoir des sauvegardes ne suffit pas. Il faut en avoir déjà restauré une, et savoir combien de temps cela prend.
- La montée en charge. Que se passe-t-il si le nombre de clients double ? L'acheteur veut savoir ce qui céderait en premier, et ce que cela coûterait.
- Le journal des déploiements. La liste de chaque mise en production : quand, quoi, par qui. Il montre que le produit avance, et qu'on sait revenir en arrière.
Faire son propre audit avant celui de l'investisseur
Le principe est simple. Mieux vaut trouver les problèmes soi-même que les voir apparaître dans le rapport de l'acheteur.
Un problème que vous trouvez, vous le corrigez, ou vous arrivez avec un plan. Un problème que l'acheteur trouve, il le pose sur la table au moment de discuter des conditions.
Votre audit ne remplace pas celui de l'acheteur : son auditeur reste le sien. Mais il aura moins de surprises à rapporter.
Ce qu'un audit vérifie, son prix et comment lire le rapport : la méthode de l'audit de code.
Remettre son produit en ordre sans tout réécrire, avec Figue Unlimited
Votre liste est prête. Reste à corriger. Figue Unlimited est un abonnement de développement : des ingénieurs français livrent vos demandes, une à la fois par slot.
Et sur la question de la propriété, la réponse est écrite d'avance. Le code, les maquettes, la documentation et les structures de données vous appartiennent. Les droits vous sont cédés à mesure des livraisons, dès paiement. À la sortie, Figue vous remet le code et les accès.
Le prix : 1 990 € HT/mois, sans engagement. Un slot de plus coûte 1 990 € HT/mois, sans remise, pour avancer sur deux sujets en parallèle.
exits : deux boîtes revendues par les fondateurs
Chiffres publiés sur figue.ai, page d'accueil
projets livrés
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Le détail de la reprise, de la maintenance et de ce qu'elle couvre : reprise de code et maintenance applicative.
Une levée ou une revente en vue ? Montrez-nous votre dépôt. L'appel découverte est offert : 45 min, en visio, sans engagement. Tout sur l'offre : Figue Unlimited.


