Votre prestataire avance‑t‑il vraiment ? Comment le savoir sans lire de code
Un prestataire avance quand vous voyez, chaque semaine ou chaque quinzaine, quelque chose de livré que vous pouvez tester, daté, sur un environnement auquel vous avez accès. Pas un pourcentage. Cinq signes à vérifier, le rituel de suivi, et quoi faire s'il ne livre plus.

Sommaire
Un prestataire avance quand vous voyez, chaque semaine ou chaque quinzaine, quelque chose de livré que vous pouvez tester. Daté. Sur un environnement auquel vous avez accès. Pas un pourcentage d'avancement. Une chose qui marche, ou pas.
Ce guide s'adresse au fondateur ou au dirigeant de PME qui a confié son produit à un freelance ou à une agence, et qui ne lit pas de code. Le contrat est signé. Les factures arrivent. Une question reste : est-ce que ça avance ? Voici comment le savoir, et quoi faire si la réponse est non.
Cinq signes qu'un prestataire avance
Aucun de ces signes ne demande de savoir coder. Ils demandent de regarder ce qui sort, pas ce qui se dit. Pour chacun : à quoi il ressemble, et le signal d'alerte inverse.
Des livraisons datées et testables
Chaque livraison a une date et quelque chose à essayer : un écran, un bouton, un export. Vous savez ce qui est sorti mardi, et vous pouvez cliquer dessus.
Signal d'alerte : « C'est fait à 80 % », trois semaines de suite. Un pourcentage ne se teste pas. Et les derniers 20 % sont souvent les plus longs.
Une liste de demandes à jour, avec leur statut
Chaque demande a sa ligne et son statut : à faire, en cours, livrée, validée. Vous l'ouvrez quand vous voulez, sans demander à personne.
Signal d'alerte : La liste vit dans la tête du prestataire, ou dans un fil d'emails. Pour savoir où on en est, il faut écrire, puis attendre.
Un environnement de test que vous pouvez ouvrir
On l'appelle recette, ou préversion. C'est une copie du produit, à une adresse à part, où chaque livraison arrive avant la mise en ligne. Vous y cliquez comme vos clients.
Signal d'alerte : Vous ne voyez rien avant la mise en ligne. Ou on vous envoie des captures d'écran au lieu d'un lien.
Des questions quand une demande est floue
Qui utilise cette fonction ? Que se passe-t-il si le champ est vide ? Quel cas passe en premier ? Un bon prestataire pose ces questions avant de coder, pas après.
Signal d'alerte : Jamais une question. Il livre ce qui est écrit, pas ce que vous vouliez. Et vous le découvrez à la fin.
Des mises en production régulières
Le produit en ligne change souvent, par petits morceaux. Chaque morceau est petit, donc facile à vérifier, et facile à défaire s'il pose problème.
Signal d'alerte : Tout sortira d'un coup, à la fin. Un « big bang » final concentre les risques sur un seul jour, et vous prive de retours pendant des mois.
Ce que vous pouvez vérifier sans lire une ligne de code
Vous ne lirez pas le code. Vous n'en avez pas besoin. Quatre vérifications suffisent, et elles prennent moins d'une heure par mois.
Tester chaque livraison sur un parcours réel
Ne vérifiez pas que l'écran existe. Faites ce que ferait un client : créer un compte, passer une commande, exporter une facture. Avec de vraies données, sur votre téléphone aussi. Notez ce qui bloque, avec une capture et l'adresse de la page. Un retour précis se corrige vite.
Demander une démo de cinq minutes plutôt qu'un rapport
Un rapport décrit ce qui a été fait. Une démo le montre. Demandez au prestataire de partager son écran et de dérouler la fonction livrée, du début à la fin. S'il ne peut pas la montrer, elle n'est pas finie.
Vérifier que tout est à votre nom
Un compte au nom du prestataire ? Demandez le transfert maintenant, pendant que la relation est simple. Pas le jour où elle se tend.
Demander où est la documentation
La réponse attendue tient en un lien. Comment le produit se met en ligne, quels services il appelle, ce qui est fragile. Si la réponse est « c'est dans le code » ou « je vous l'enverrai », notez-le.
Avoir les accès ne fait pas de vous le propriétaire du code. Sans cession écrite, il peut rester au prestataire. Ce que dit la loi et la clause à exiger : la propriété du code développé par un prestataire.
Le rituel de suivi : quoi demander, et à quel rythme
Suivre un prestataire, ce n'est pas le surveiller. C'est poser un cadre où le travail se voit. Quatre habitudes suffisent.
Une seule liste de priorités, tenue par vous
Une liste, un endroit, un ordre. C'est vous qui décidez ce qui passe en premier. Le prestataire propose, il ne range pas à votre place. Deux listes, la vôtre et la sienne, c'est déjà un écart.
Une demande écrite par besoin
Un besoin, une demande. Qui a le problème, ce qu'il essaie de faire, comment vérifier que c'est fait. Une demande claire se livre plus vite, et se valide sans débat.
Un point régulier pour reprioriser
Toutes les deux semaines, par exemple. Trente minutes. Ce qui est sorti, ce qui bloque, ce qui passe en tête. Pas un point d'état : un point de décision.
Une validation explicite de chaque livraison
Vous testez. Puis vous validez, ou vous demandez un ajustement. Par écrit. Une livraison non validée n'est pas finie, et la suivante ne devrait pas s'empiler dessus.
Pour écrire une demande que l'équipe réalise sans vous rappeler, voici comment rédiger une demande de développement.
Évaluer un prestataire après quelques semaines
Après quatre à six semaines, prenez une demi-heure. Remplissez cette grille vous-même, avec ce que vous avez vu. Pas avec ce qu'on vous a dit.
| Critère | Bon signe | Signe d'alerte |
|---|---|---|
| Ce qui a été livré | Une liste de choses testables, chacune avec sa date | Des « avancées » qu'on ne peut pas essayer |
| Validé du premier coup, ou ajusté | La plupart passent. Les ajustements sont petits et vite faits | Chaque livraison revient, ou l'ajustement prend plus de temps que la demande |
| Temps de réponse aux questions | Une réponse le jour même ou le lendemain, même pour dire « je regarde » | Des silences de plusieurs jours, des relances obligées |
| Bugs revenus en production | Rares, reconnus, corrigés en priorité | Le même bug revient, ou une correction en casse une autre |
| Clarté des échanges | Vous comprenez ce qui a été fait, et pourquoi, sans jargon | Des réponses techniques que personne ne vous traduit |
Lisez la grille en entier, pas ligne par ligne. Une ou deux alertes se discutent au prochain point. Trois ou plus, et qui durent : posez la question franchement. Puis préparez la suite.
Votre prestataire ne livre plus : que faire, dans l'ordre
Plus rien ne sort depuis des semaines. Les réponses s'espacent. Vous n'êtes pas le premier. Il y a un ordre pour en sortir sans perdre votre produit.
Récupérer les accès
Le dépôt de code, l'hébergement, le nom de domaine, les comptes tiers. Chacun passe à votre nom, avec vous comme administrateur. Commencez par là, avant toute discussion sur la suite : sans les accès, vous ne décidez rien.
Récupérer le code et la documentation
Tout l'historique du dépôt, pas une archive envoyée par email. La documentation, même partielle. Puis relisez votre contrat : que dit-il de la propriété du code ? Sans cession écrite des droits, le code peut rester au prestataire.
Faire faire un état des lieux par un tiers
Une équipe extérieure lit le code et vous dit ce qui tient, ce qui est fragile, ce qui présente un risque. Elle n'a rien à défendre. Son avis pèse plus que celui du prestataire sortant.
Choisir entre reprise et réécriture
En général, on part de l'existant. Un code mal suivi n'est pas forcément un mauvais code. On sécurise, on comprend, puis on fait évoluer par petites demandes. La réécriture se décide avec des faits, partie par partie, si elle se décide.
Ce que couvre une reprise, et comment on la mène : reprise de code et maintenance applicative.
Refaire ou faire évoluer ? Les critères pour trancher sont dans notre guide sur la dette technique.
Comment Figue rend l'avancement visible
Tout ce qui précède, Figue Unlimited le rend visible sans que vous ayez à le demander. Voici comment. Et ce que ça ne fait pas.
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